Qu’est-ce qu’un QI ou un profil hétérogène ?

Le terme « hétérogène » est souvent utilisé pour signaler la présence d’écarts notables entre les différents scores obtenus à un test de QI. Cependant, il n’existe pas de consensus sur ce qui constitue des écarts « notables ».

Beaucoup de psychologues qualifient un indice d’hétérogène dès qu’il existe une différence statistiquement significative entre les subtests qui le composent (de l’ordre de 3-4 points selon les subtests). Ils qualifient le QI d’hétérogène quand il existe une différence statistiquement significative entre les indices (de l’ordre de 10-15 points selon les indices). Une différence est « statistiquement significative » lorsqu’elle est assez grande pour avoir très peu de chances de résulter d’erreurs de mesure. Elle a alors de grandes chances de refléter de réelles différences de compétence chez la personne. Un inconvénient de mettre en avant ce type de différences est qu’elles sont très courantes dans la population, et généralement sans importance au plan clinique. La majorité des variations correspond simplement à de plus ou moins grandes facilités pour certains domaines plutôt que d’autres, parfois amplifiées par un investissement supérieur dans un domaine préféré.

En conséquence, un qualificatif « hétérogène » basé sur un seuil de significativité des écarts, n’a pas grande utilité. De plus, il concernera la grande majorité de la population. Il serait donc plus utile de réserver le terme « hétérogène » à des écarts plus importants, donc plus rares, et de parler de degré d’hétérogénéité plutôt que d’utiliser un qualificatif binaire, homogène versus hétérogène.

Quelques repères chiffrés1 : dans le WISC-V français4, seuls 38,9% des sujets ont un QI « homogène » (aucune note ne s’écarte significativement de la moyenne des subtests constituant le QI). Ce n’est qu’à partir de trois notes s’écartant significativement de la moyenne que les profils deviennent plus rares (7%). Au niveau des indices, seuls 30,5% des sujets ont des indices tous « homogènes » (pas de différence significative entre les subtests). Enfin, seuls 34,8% des sujets n’ont aucun écart significatif entre leurs indices.

Plus d’informations sur les écarts entre scores de QI.
Vous souhaitez connaître le degré d’hétérogénéité de votre profil ? Je peux faire ces calculs pour vous.

Mon QI est-il réellement non calculable ?

Dans un test de QI comme la WAIS-IV ou le WISC-V, le QI est toujours calculable, à condition bien sûr que vous ayez complété les exercices nécessaires à son calcul. Toutefois, si vos scores aux différents exercices (subtests) présentent des écarts importants, le QI ne constitue pas un bon résumé de votre performance globale. Certains psychologues choisissent alors de ne pas fournir de QI, en le qualifiant de « non calculable » ou « non interprétable ». Ceci pour éviter que des personnes mal informées ne résument votre profil à un score trop réducteur.

Plus d’informations sur les écarts entre scores de QI.
Si vous souhaitez connaître votre QI, je peux le calculer pour vous.

J’ai tout juste à un subtest de QI, mais je n’ai pas le score maximal. Pourquoi ?

Dans le WISC-V et la WAIS-IV, les scores des subtests vont normalement jusqu’à 19, ce qui est très élevé : seule une personne sur 741 atteint ce niveau. Cependant, certains subtests ne permettent pas toujours d’atteindre ce score maximal de 19. Pour certaines tranches d’âge, l’exercice est trop facile : trop de monde réussit tous les items, et les notes supérieures ne peuvent donc pas être attribuées. Ainsi, une personne de 25 ans qui résoudrait tous les problèmes d’arithmétique n’aurait que 16 et non 19.

Ce phénomène s’appelle effet plafond. Ce terme s’applique lorsqu’un test ne permet pas de distinguer les sujets les uns des autres au-dessus d’une certaine performance. Lorsqu’une personne atteint le score maximal, on ne peut en effet pas savoir si la personne a atteint sa limite ou si elle aurait pu répondre à des items plus difficiles encore.

Vous trouverez ici un tableau des scores plafonds dans la WAIS-IV.
Dans le WISC-V, ce problème est limité et ne concerne que les jeunes de 16 ans, à qui on peut plutôt administrer la WAIS-IV.

Combien de temps doit-on attendre avant de passer à nouveau un test de QI ?

Lorsqu’on passe un test de QI, on retient en partie les questions posées (qui sont toujours les mêmes), et on apprend à réaliser certaines tâches. C’est ce qu’on appelle l’effet d’apprentissage. En conséquence, si on repasse le même test sans trop tarder, les scores de la seconde passation seront meilleurs, grâce à cet apprentissage. C’est pourquoi on recommande généralement un délai long entre deux passations. Il n’existe pas de norme précise en la matière, mais l’effet d’apprentissage s’atténue nettement en un à deux ans selon le type de tâche. Il est donc souvent recommandé d’attendre au moins un an, et de préférence deux ans. Si le test a changé de version entre temps, c’est encore mieux, car une partie des questions aura changé.

Comment se déroule un test de QI ?

À la différence des tests que l’on peut trouver sur Internet, les vrais tests de QI se passent dans le cabinet d’un psychologue. Le test se passe en individuel, via des échanges avec le psychologue. Ce n’est pas un test par écrit ou sur ordinateur.
Pendant la passation, vous enchainez des exercices variés, dans un ordre standardisé. Vous devez par exemple reproduire des figures, répondre à des questions faisant appel à vos connaissance ou à la logique, mémoriser et répéter des informations, résoudre des problèmes, identifier le plus rapidement possible des dessins dans une page, etc. Entre chaque exercice, il est possible de faire une petite pause. Le psychologue ne vous dira pas si vos réponses sont correctes ou non.
La séance de passation du test est généralement précédée d’un entretien visant à faire le point sur votre demande et votre situation. Elle est suivie d’un autre entretien, au cours duquel vos résultats vous sont présentés et expliqués.

Comment se préparer avant un test de QI ?

  • Planifier la passation au moment de la journée où vous êtes le plus en forme. En général on recommande le matin.
  • Bien vous reposer les jours précédents, ne pas faire d’excès ni vous coucher trop tard la veille. Éviter les substances susceptibles d’interférer avec les fonctions cognitives (alcool, médicaments, cannabis…), mais s’autoriser un petit café.
  • Ne pas chercher à trop se renseigner sur le contenu du test, car si vous “trichez” vous ne saurez alors plus si les scores obtenus reflètent réellement vos capacités. Vous passez ce test pour apprendre des choses pour vous, pas pour obtenir un diplôme ! Évitez aussi de bachoter : au mieux c’est inutile, au pire vous pourriez fausser vos résultats si vous vous entrainez sur des exercices similaires à ceux du test.
  • En cas de maladie ou d’insomnie importante le jour J, il est préférable de reporter, car il est vraiment préférable de passer ce test dans de bonnes conditions. Ce d’autant plus que l’effet d’apprentissage empêche de le repasser rapidement.

Faut-il réviser ou s’entraîner avant un test de QI ?

Il n’est pas utile de réviser avant de passer un test de QI : ce type de test ne vise pas à évaluer votre maîtrise d’un contenu d’enseignement précis. Des connaissances courantes, acquises au cours d’une scolarité normale et dans la vie quotidienne, sont suffisantes.

Il serait contre-productif de vous entraîner à passer un test de QI. L’échelle de notation est prévue pour des personnes non entraînées, qui ne connaissent pas le contenu exact du test. En vous entraînant ou en vous renseignant trop sur le contenu du test, vous fausseriez les résultats. Vous ne pourriez plus savoir de quoi est réellement capable votre cerveau sans « tricher ».

Comment choisir un psychologue pour passer un test de QI ?

La passation des tests de QI ne fait l’objet d’aucune certification, formation spécifique obligatoire, ou protocole officiel (au-delà de la passation standardisée). La prestation offerte peut donc beaucoup varier d’un professionnel à l’autre. Pour bien choisir, je vous conseille de prêter attention aux points suivants :

  • Qualifications du praticien : titre de psychologue et expérimenté en matière de tests. En particulier, les neuropsychologues ont l’habitude d’utiliser des tests cognitifs.
  • Contenu de la prestation : test de QI seul, accompagné d’autres outils, ou bilan psychologique général ?
  • Test de QI utilisé : lequel, et s’agit-il bien de la dernière version en date ?
  • Organisation de la passation : on recommande généralement une passation en trois temps (entretien préalable, passation, entretien de restitution). En cas de bilan plus global, la passation peut-être répartie sur plusieurs séances. Certains praticiens proposent de coupler entretien préalable et passation. Cela est envisageable si la demande a été travaillée en amont avec un autre professionnel, mais présente l’inconvénient de ne pas permettre de vérifier avant la passation la qualité de la relation établie avec le praticien. Une relation de confiance permet une passation dans de meilleures conditions.
  • Communication des résultats : ils doivent être communiqués au cours d’un entretien de restitution et dans un compte-rendu écrit. Le niveau de détail du compte-rendu et les éléments communiqués (scores précis ou simples zones de performance par exemple) pouvant varier d’un praticien à l’autre, il est utile de demander des précisions à ce sujet.
  • Coordination entre praticiens : en cas de suivi, le praticien accepte-t-il d’échanger avec les autres professionnels ?

Quel est le prix d’un test de QI ?

Si vous souhaitez passer un test de QI auprès d’un psychologue en libéral, vous trouverez des tarifs très différents en fonction de plusieurs aspects : le temps que le psychologue consacrera à sa prestation (notamment au compte-rendu), si le test est proposé seul ou avec d’autres investigations, s’il s’inscrit ou non dans un suivi, l’expérience et la notoriété du psychologue, la région.
On trouve, notamment en province, des prix d’appel autour de 150€. A ce tarif, le psychologue soit ne rentre pas dans ses frais, soit fait un travail superficiel. 300€-400€ est un tarif plus cohérent. À Paris, on monte facilement à 500€-600€ pour un travail plus poussé, ou chez des personnes connues.

Que valent les tests de QI sur Internet ?

Les tests qui s’affichent comme des « tests de QI » sur Internet n’ont pas du tout les mêmes qualités que les tests de QI officiels, réservés aux psychologues. La qualité des tests de QI professionnels est garantie par un ensemble de vérifications faites par leur éditeur : ces tests sont notamment valides (une mesure fait avec un test sera proche d’une mesure avec un autre test), sensibles (ils différencient finement les individus entre eux), fidèles (deux mesures à distance donneront des résultats proches), avec une marge d’erreur limitée et connue. Les tests gratuits que l’on trouve sur Internet n’affichent aucun élément permettant d’évaluer s’ils possèdent ces qualités. Les scores obtenus peuvent donc être très variables, voire le plus souvent fantaisistes. Ces tests ont surtout un but ludique.
Par ailleurs, les tests en ligne se limitent souvent à tester le raisonnement logique, tandis que les tests professionnels évaluent de multiples capacités cognitives.
Enfin, un intérêt de passer un test chez un psychologue est que celui-ci pourra compléter les scores avec des observations qualitatives. Il réalisera une interprétation personnalisée de vos résultats, prenant en compte votre situation particulière. Il vous expliquera la portée de vos résultats. Les tests en ligne ne fournissent rien de tout cela.