Tests de QI : questions fréquentes

Envisager un test de QI

Un test de QI évalue les capacités cognitives d’une personne. Il indique à quel point son cerveau se montre plus ou moins efficace pour réaliser certaines tâches fondamentales, comme mémoriser ou résoudre un problème. Il ne renseigne pas sur ses compétences dans des domaines spécifiques, comme la gestion des émotions, l’aisance relationnelle, la créativité, les arts, etc.

Pendant un test de QI, vous devez faire des exercices qui font appel à différentes fonctions cognitives. Les fonctions cognitives sont les processus que le cerveau déploie pour traiter l’information, à un niveau plutôt élaboré : analyse des informations perçues, orientation et maintien de l’attention, mémorisation, compréhension, conceptualisation et langage, apprentissage, prise de décision, planification, raisonnement et résolution de problèmes, etc. Ces aptitudes sont particulièrement sollicitées dans les activités intellectuelles, mais aussi dans la plupart des activités de la vie quotidienne.

Le QI (Quotient Intellectuel) est un score qui résume la performance sur l’ensemble des exercices. Il évalue l’efficience globale de la personne.

Plus d’informations sur l’utilité et le contenu d’un test de QI.

Plusieurs raisons peuvent motiver la passation d’un test de QI à l’âge adulte :

  • Pour disposer d’un état de ses capacités à un moment donné de sa vie, pouvant ensuite servir de point de comparaison en cas de maladie neurodégénérative, d’AVC, etc.
  • Pour savoir si l’on présente un fonctionnement cognitif hors norme, comme une intelligence élevée, voire un haut potentiel intellectuel.
  • Comme partie d’investigations cliniques, en cas de difficultés avec certaines tâches ou activités, suite à un accident ou une maladie ayant touché le cerveau, dans le cadre d’un diagnostic d’autisme, etc. Un test de QI n’est jamais suffisant pour diagnostiquer des troubles, il constitue dans ces situations un examen complémentaire ou de dégrossissage.

Pour être de qualité, un test de QI doit être passé avec un psychologue. Actuellement en France, les tests de QI officiels de référence sont les échelles de Wechsler. Le test varie selon l’âge de la personne à tester : WAIS-IV (Wechsler Adult Intelligence Scale, version 4) pour les personnes de 16 à 79 ans, WISC-V (Wechsler Intelligence Scale for Children, version 5) pour les enfants de 6 à 16 ans, et WPPSI-IV (Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence, version 4) pour les enfants de 2,5 à 7,5 ans. Il est important de s’assurer de passer la dernière version en date du test.

Pour se faire une première idée de ses capacités cognitives, il existe aussi des tests plus simples, comme les matrices de Raven, disponibles chez certains psychologues, et parfois utilisés dans le cadre d’un recrutement. L’association Mensa propose la passation d’un test simplifié, qui comporte trois exercices papier-crayon, en temps limité.

Les tests qui s’affichent comme des « tests de QI » sur Internet n’ont pas du tout les mêmes qualités que les tests de QI officiels, réservés aux psychologues. La qualité des tests de QI professionnels est garantie par un ensemble de vérifications faites par leur éditeur : ces tests sont notamment valides (une mesure fait avec un test sera proche d’une mesure avec un autre test), sensibles (ils différencient finement les individus entre eux), fidèles (deux mesures à distance donneront des résultats proches), avec une marge d’erreur limitée et connue. Les tests gratuits que l’on trouve sur Internet n’affichent aucun élément permettant d’évaluer s’ils possèdent ces qualités. Les scores obtenus peuvent donc être très variables, voire le plus souvent fantaisistes. Ces tests ont surtout un but ludique.
Par ailleurs, les tests en ligne se limitent souvent à tester le raisonnement logique, tandis que les tests professionnels évaluent de multiples capacités cognitives.
Enfin, un intérêt de passer un test chez un psychologue est que celui-ci pourra compléter les scores avec des observations qualitatives. Il réalisera une interprétation personnalisée de vos résultats, prenant en compte votre situation particulière. Il vous expliquera la portée de vos résultats. Les tests en ligne ne fournissent rien de tout cela.

Vous pourrez trouver des tarifs très différents en fonction de plusieurs aspects : le temps que le psychologue consacrera à sa prestation (notamment au compte-rendu), si le test est proposé seul ou avec d’autres investigations, s’il s’inscrit ou non dans un suivi, l’expérience et la notoriété du psychologue, la région.
On trouve, notamment en province, des prix d’appel autour de 150€. A ce tarif, le psychologue soit ne rentre pas dans ses frais, soit fait un travail superficiel. 300€-400€ est un tarif plus cohérent. À Paris, on monte facilement à 500€-600€ pour un travail plus poussé, ou chez des personnes connues.

La passation des tests de QI ne fait l’objet d’aucune certification, formation spécifique obligatoire, ou protocole officiel (au-delà de la passation standardisée). La prestation offerte peut donc beaucoup varier d’un professionnel à l’autre. Pour bien choisir, je vous conseille de prêter attention aux points suivants :

  • Qualifications du praticien : titre de psychologue et expérimenté en matière de tests. En particulier, les neuropsychologues ont l’habitude d’utiliser des tests cognitifs.
  • Contenu de la prestation : test de QI seul, accompagné d’autres outils, ou bilan psychologique général ?
  • Test de QI utilisé : lequel, et s’agit-il bien de la dernière version en date ?
  • Organisation de la passation : on recommande généralement une passation en trois temps (entretien préalable, passation, entretien de restitution). En cas de bilan plus global, la passation peut-être répartie sur plusieurs séances. Certains praticiens proposent de coupler entretien préalable et passation. Cela est envisageable si la demande a été travaillée en amont avec un autre professionnel, mais présente l’inconvénient de ne pas permettre de vérifier avant la passation la qualité de la relation établie avec le praticien. Une relation de confiance permet une passation dans de meilleures conditions.
  • Communication des résultats : ils doivent être communiqués au cours d’un entretien de restitution et dans un compte-rendu écrit. Le niveau de détail du compte-rendu et les éléments communiqués (scores précis ou simples zones de performance par exemple) pouvant varier d’un praticien à l’autre, il est utile de demander des précisions à ce sujet.
  • Coordination entre praticiens : en cas de suivi, le praticien accepte-t-il d’échanger avec les autres professionnels ?

Passer un test de QI

Il n’est pas utile de réviser avant de passer un test de QI : ce type de test ne vise pas à évaluer votre maîtrise d’un contenu d’enseignement précis. Des connaissances courantes, acquises au cours d’une scolarité normale et dans la vie quotidienne, sont suffisantes.

Il serait contre-productif de vous entraîner à passer un test de QI. L’échelle de notation est prévue pour des personnes non entraînées, qui ne connaissent pas le contenu exact du test. En vous entraînant ou en vous renseignant trop sur le contenu du test, vous fausseriez les résultats. Vous ne pourriez plus savoir de quoi est réellement capable votre cerveau sans « tricher ».

  • Planifier la passation au moment de la journée où vous êtes le plus en forme. En général on recommande le matin.
  • Bien vous reposer les jours précédents, ne pas faire d’excès ni vous coucher trop tard la veille. Éviter les substances susceptibles d’interférer avec les fonctions cognitives (alcool, médicaments, cannabis…), mais s’autoriser un petit café.
  • Ne pas chercher à trop se renseigner sur le contenu du test, car si vous “trichez” vous ne saurez alors plus si les scores obtenus reflètent réellement vos capacités. Vous passez ce test pour apprendre des choses pour vous, pas pour obtenir un diplôme ! Évitez aussi de bachoter : au mieux c’est inutile, au pire vous pourriez fausser vos résultats si vous vous entrainez sur des exercices similaires à ceux du test.
  • En cas de maladie ou d’insomnie importante le jour J, il est préférable de reporter, car il est vraiment préférable de passer ce test dans de bonnes conditions. Ce d’autant plus que l’effet d’apprentissage empêche de le repasser rapidement.

À la différence des tests que l’on peut trouver sur Internet, les vrais tests de QI se passent dans le cabinet d’un psychologue. Le test se passe en individuel, via des échanges avec le psychologue. Ce n’est pas un test par écrit ou sur ordinateur.
Pendant la passation, vous enchainez des exercices variés, dans un ordre standardisé. Vous devez par exemple reproduire des figures, répondre à des questions faisant appel à vos connaissance ou à la logique, mémoriser et répéter des informations, résoudre des problèmes, identifier le plus rapidement possible des dessins dans une page, etc. Entre chaque exercice, il est possible de faire une petite pause. Le psychologue ne vous dira pas si vos réponses sont correctes ou non.
La séance de passation du test est généralement précédée d’un entretien visant à faire le point sur votre demande et votre situation. Elle est suivie d’un autre entretien, au cours duquel vos résultats vous sont présentés et expliqués.

Lorsqu’on passe un test de QI, on retient en partie les questions posées (qui sont toujours les mêmes), et on apprend à réaliser certaines tâches. C’est ce qu’on appelle l’effet d’apprentissage. En conséquence, si on repasse le même test sans trop tarder, les scores de la seconde passation seront meilleurs, grâce à cet apprentissage. C’est pourquoi on recommande généralement un délai long entre deux passations. Il n’existe pas de norme précise en la matière, mais l’effet d’apprentissage s’atténue nettement en un à deux ans selon le type de tâche. Il est donc souvent recommandé d’attendre au moins un an, et de préférence deux ans. Si le test a changé de version entre temps, c’est encore mieux, car une partie des questions aura changé.

Les résultats du test de QI

Pendant le test de QI, vous allez faire une série d’exercices. Pour chaque exercice, appelé subtest, vous aurez une note.
Ensuite, le psychologue va regrouper certains exercices, qui concernent des compétences voisines, pour calculer des notes de synthèse appelées indices. Vous aurez un indice de mémoire, un indice de compréhension verbale, etc.
Enfin, le psychologue va grouper tous les exercices, pour calculer une note globale, qui indique à quel point votre fonctionnement cognitif est globalement performant. C’est le fameux QI, pour Quotient Intellectuel. Le QI n’est qu’une des notes qui composent les résultats au test, pas forcément la plus intéressante d’ailleurs.

Et surtout, le psychologue va associer à ces résultats chiffrés des aspects plus qualitatifs, issus de ses observations pendant la passation. Il va analyser et interpréter vos résultats en tenant compte de votre situation particulière. Puis il va vous les présenter et expliquer, lors d’une restitution orale et dans un compte-rendu écrit.

Voici un exemple de résultats chiffrés :

Exemple de scores de QI

Exemple de scores obtenus à un test de QI (WAIS-IV)

Plus d’informations sur les résultats d’un test de QI.

Le QI n’est pas, comme les notes scolaires, un indicateur d’un nombre de réponses justes ou fausses.
Il indique où se situe la performance de la personne par rapport à celle des français du même âge.

Un QI de 100 est une note moyenne. Il signifie que la personne a fait mieux que 50% des français de son âge, qu’elle présente une performance normale.

Un QI de 115 signifie avoir fait aussi bien ou mieux que 84% des personnes du même âge. Ce pourcentage de personnes qui ont une note inférieure ou égale à celle obtenue est appelé rang percentile et constitue une façon plus parlante de situer la performance que les scores.

Dans la population, la plupart des personnes obtiennent des notes proches de la moyenne, comme le montre la courbe de répartition ci-dessous. Quand on s’éloigne de la moyenne, le nombre de personnes présentant de telles performances diminue rapidement. Seuls 2.3% des personnes obtiennent un QI de 130 ou plus, limite à partir de laquelle on utilise généralement le qualificatif de haut potentiel intellectuel.

Distribution des scores dans les échelles de Wechsler

Pour un test de QI de référence comme la WAIS ou le WISC, seul un psychologue peut calculer le QI. Pour cela, il fait la somme des scores obtenus aux exercices (subtests), puis utilise une table de conversion. Cette table figure dans le manuel du test, qui n’est accessible qu’aux psychologues.
Si vous connaissez vos scores aux exercices ou aux indices, mais n’avez pas votre QI, je peux le calculer pour vous.

L’Indice d’Aptitude Générale (IAG), est un score de synthèse d’un test de QI. Il est calculé à partir des exercices qui mettent en jeu les compétences les plus élaborées : compréhension verbale, raisonnement et compétences visuo-spatiales. Il ne prend pas en compte la vitesse de traitement et la mémoire de travail. Cela permet d’estimer le niveau d’une personne chez qui ces capacités sont affectées par les circonstances, par une maladie ou par un accident.
Le calcul de l’IAG ne peut être fait que par un psychologue, qui utilise une table de conversion spécifique.
Si vous connaissez vos scores aux exercices, je peux calculer votre IAG pour vous.

Lorsque vous passez un test de QI, vous obtenez un score par exercice (subtest), un indice par domaine de compétence, et un résumé global, le QI. Le QI n’est pas la moyenne des indices. Il est obtenu à partir d’un ensemble de subtests (les 10 subtests principaux dans la WAIS-IV, 7 subtests dans le WISC-V), dont la somme est convertie via une table de correspondance.
Le QI n’est donc pas une simple somme ou moyenne, mais une mesure de la rareté d’obtention de tels scores dans la population. Si vos scores sont tous assez bons, votre QI sera supérieur à leur moyenne, car il est plus rare d’obtenir plusieurs bons scores qu’un seul. Par exemple, dans la WAIS-IV, si vos indices sont tous de 120, votre QI sera de 126 (plus d’exemples ici). Pour prendre une image sportive, le gagnant du triathlon n’est pas forcément le meilleur dans chaque discipline, mais il est bon partout, donc le meilleur au total, quand on regroupe les disciplines ensemble.

Dans le WISC-V et la WAIS-IV, les scores des subtests vont normalement jusqu’à 19, ce qui est très élevé : seule une personne sur 741 atteint ce niveau. Cependant, certains subtests ne permettent pas toujours d’atteindre ce score maximal de 19. Pour certaines tranches d’âge, l’exercice est trop facile : trop de monde réussit tous les items, et les notes supérieures ne peuvent donc pas être attribuées. Ainsi, une personne de 25 ans qui résoudrait tous les problèmes d’arithmétique n’aurait que 16 et non 19.

Ce phénomène s’appelle effet plafond. Ce terme s’applique lorsqu’un test ne permet pas de distinguer les sujets les uns des autres au-dessus d’une certaine performance. Lorsqu’une personne atteint le score maximal, on ne peut en effet pas savoir si la personne a atteint sa limite ou si elle aurait pu répondre à des items plus difficiles encore.

Vous trouverez ici un tableau des scores plafonds dans la WAIS-IV.
Dans le WISC-V, ce problème est limité et ne concerne que les jeunes de 16 ans, à qui on peut plutôt administrer la WAIS-IV.

Dans un test de QI comme la WAIS-IV ou le WISC-V, le QI est toujours calculable, à condition bien sûr que vous ayez complété les exercices nécessaires à son calcul. Toutefois, si vos scores aux différents exercices (subtests) présentent des écarts importants, le QI ne constitue pas un bon résumé de votre performance globale. Certains psychologues choisissent alors de ne pas fournir de QI, en le qualifiant de « non calculable » ou « non interprétable ». Ceci pour éviter que des personnes mal informées ne résument votre profil à un score trop réducteur.

Plus d’informations sur les écarts entre scores de QI.
Si vous souhaitez connaître votre QI, je peux le calculer pour vous.

Le terme « hétérogène » est souvent utilisé pour signaler la présence d’écarts notables entre les différents scores obtenus à un test de QI. Cependant, il n’existe pas de consensus sur ce qui constitue des écarts « notables ».

Beaucoup de psychologues qualifient un indice d’hétérogène dès qu’il existe une différence statistiquement significative entre les subtests qui le composent (de l’ordre de 3-4 points selon les subtests). Ils qualifient le QI d’hétérogène quand il existe une différence statistiquement significative entre les indices (de l’ordre de 10-15 points selon les indices). Une différence est « statistiquement significative » lorsqu’elle est assez grande pour avoir très peu de chances de résulter d’erreurs de mesure. Elle a alors de grandes chances de refléter de réelles différences de compétence chez la personne. Un inconvénient de mettre en avant ce type de différences est qu’elles sont très courantes dans la population, et généralement sans importance au plan clinique. La majorité des variations correspond simplement à de plus ou moins grandes facilités pour certains domaines plutôt que d’autres, parfois amplifiées par un investissement supérieur dans un domaine préféré.

En conséquence, un qualificatif « hétérogène » basé sur un seuil de significativité des écarts, n’a pas grande utilité. De plus, il concernera la grande majorité de la population. Il serait donc plus utile de réserver le terme « hétérogène » à des écarts plus importants, donc plus rares, et de parler de degré d’hétérogénéité plutôt que d’utiliser un qualificatif binaire, homogène versus hétérogène.

Quelques repères chiffrés1 : dans le WISC-V français4, seuls 38,9% des sujets ont un QI « homogène » (aucune note ne s’écarte significativement de la moyenne des subtests constituant le QI). Ce n’est qu’à partir de trois notes s’écartant significativement de la moyenne que les profils deviennent plus rares (7%). Au niveau des indices, seuls 30,5% des sujets ont des indices tous « homogènes » (pas de différence significative entre les subtests). Enfin, seuls 34,8% des sujets n’ont aucun écart significatif entre leurs indices.

Plus d’informations sur les écarts entre scores de QI.
Vous souhaitez connaître le degré d’hétérogénéité de votre profil ? Je peux faire ces calculs pour vous.

  1. Grégoire, J. (2019). L’examen clinique de l’intelligence de l’enfant : Fondements et pratique du WISC-V. Mardaga.

Load More